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"Mortel corps à corps" (La Communauté du Sud, tome 3) de Charlaine Harris

 

Ce malade que je suis, de séries télé et de littérature fantastique et de SF, entre autres déviances psychiques insoignables, vous a déjà entretenu à plusieurs reprises (ici, et ailleurs) de le série True Blood et des romans qui l’a inspirée.

Confiant, j’entame la lecture du tome 3 après avoir laissé passer quelques mois et en attendant la troisième saison à la télé. Même si, comme expliqué dans de précédents biftons, la série s’inspire de, interprète et brode mais ne suit pas vraiment l’histoire racontée dans les bouquins.

Cela sera certainement encore le cas dans la prochaine saison (attention spoilers ?) puisqu’un des personnages principaux et essentiels du tome 3 n’est autre que le fameux Bubba, alias Elvis Presley9782290018071.jpg vampirisé donc toujours là quoique débile léger, que les producteurs de la série ont éliminé du scénario pour incorrection inadmissible envers la légende américaine en général et du King en particulier.

Pourtant, dans le genre amerloque grave jusqu’au bout des orteils, elle se pose là, Charlaine. Dès la page 14 elle annonce la couleur : la vieille Europe (Allemagne, France et Italie) est méchante avec les vampires, les musulmans les tuent (bien sûr, ces sauvages) mais les pays que Charlaine aime (Angleterre, Etats-Unis, Canada, Mexique, Japon, Suisse et pays scandinaves) sont tolérants avec les suceurs de sang. Dont acte.

Sinon, on est toujours dans la tête de la narratrice Sookie, sans culture mais maligne, télépathe mais midinette, et qui, depuis qu’elle a connu l’orgasme avec son Bill, a du mal à retenir ses hormones dès qu’elle est en présence d’un mâle.

On a enlevé son vampire brun, missionné qu’il était par la Reine de Louisiane, et elle va le chercher. Secondée en direct par un superbe loup-garou Léonard, et aussi par le Viking beau blond Eric, protégée par Bubba mais détestée par l’ex de Léonard, Sookie va vivre des aventures convenues et sans grande surprise, va être presque morte à plusieurs reprises et ne va pas arrêter de nous faire part de ses problèmes existentiels. Ben oui, figurez-vous que, en plus, son Bill est parti avec une autre, une vampire. Mais bon elle l’aime, quoique le lycanthrope ou Eric… Et puis que va-t-elle mettre comme chaussures avec sa petite robe ?

Passionnant, vraiment, surtout que l’histoire tiendrait sur un timbre poste, que ça dure 370 pages, que ce n’est pas dépourvu d’invraisemblances scénaristiques, que la cohérence n’est pas du tout la préoccupation de l’auteur. Exemple ? Les lycanthropes ne se changent qu’en loups mais constituent une sorte de gratin par rapport aux changelings qui peuvent se changer en n’importe quoi, comme Sam le patron de Sookie. Ah oui, en prime, vous avez droit dans l’histoire à un gobelin bien moche et antipathique. Cool, ça nous manquait.

Alors voilà, je crois avoir été au bout de ma capacité d’absorption de la bit-lit chère à Milady Brage, qui surfe là-dessus avec intérêt et justes titres (notez l’humour subtil, merci). Je suis obligé d’en conclure que, malgré des efforts avérés, je ne peux me transformer en midinette aculturée et travaillée par son bas ventre, cible de cette sous-lit.

Mais je regarderai la série. Va comprendre, Charles.

 

Tag(s) : #fantastique

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