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index Il est maintenant d’usage courant (ou journalistique) de désigner par « soixante-huitards » les hommes et les femmes de ma génération, celles et ceux qui avaient plus ou moins vingt ans en 1968.

Cette désignation abusive, non seulement confond et amalgame ceux qui ont vécu les événements de mai-juin en France avec tous ceux du même âge qui n’y ont pas participé mais, et surtout, désigne explicitement les traîtres aux idéaux que portait ce mouvement. On ne compte plus les ex-manifestants devenus capitaines d’entreprises (de la FNAC, de Libé), philosophes réactionnaires (la liste est longue) voire mi(si)nistres côtoyant les ex-nervis d’Occident ou, peut-être le plus symptomatique du reniement assumé, député européen libéral-libertaire ( !) passé du noir au vert.

Mais alors que deviennent les autres, ceux qui ont essayé de garder leurs convictions politiques et révolutionnaires ? Rien, ils ont disparu du référentiel de ce printemps-là, ils n’ont qu’à oublier un des plus beaux moments de leur vie et arrêter de ressasser cet esprit d’ancien combattant.

Aujourd’hui, mai-juin 1968, c’est la honte, et en avoir été acteur c’est être non seulement et logiquement un vieux con mais, par assimilation à tous ces pourris avec qui on balançait des pavés, un sale con qui a plombé la vie de la génération « perdue » des plus ou moins quadras.

Et ben c’est pas juste, on devrait inventer un nouveau mot pour ceux qui n’ont pas trop mal tournés, « soixante-huitistes » par exemple, sans ce suffixe en « ard » comme salopard ou connard, choisi délibérément  et quelques années après par tous les gens de droite que le mouvement révulsait. Que ce terme péjoratif ait fait flores parmi les djeunz réveillés d’aujourd’hui me fait mal aux entournures.

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