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--KGrHqF--lME5Yy-9wTFBO-PqhzFzQ--_35.JPG"La chouette aveugle" de Sadegh  Hedayat

Je retrouve dans ma bibal de campagne ce bouquin acheté en 1965 (marqué dessus par moi-même). Plus aucun souvenir. Trop de neurones perdus et d’eau coulée sous les ponts. Pourtant c’est une merveille, un chef d’œuvre.

Cet Iranien encensé par les surréalistes s’est suicidé à Paris en 1951 à 48 ans. Après avoir lu ce roman, on ne sera pas étonné.

Le narrateur commence son histoire au début du XXe siècle, isolé solitaire pas loin d’un village en Iran. Il est toujours à la frontière entre le rêve et la réalité, dans cet espace où tout est vrai et faux, comme sa fascination pour une jeune femme, pour un vieil homme, un vase ou une bouteille de vieux vin.

Dans une seconde partie, il se retrouve des siècles plus tôt, dans la même pièce sombre. Et là, on en sait plus sur son origine familiale, entre Iran et Inde, son mariage obligé avec sa sœur de lait (ils partageaient la même nourrice) et sa maladie, physique et mentale. Pour se soigner il fume l’opium. Il aime et il hait sa femme, la garce, qui se refuse à lui mais couche avec le boucher ou le vieux brocanteur. Il déteste tous les humains, cette racaille sans intérêt, et n’a qu’une envie : se donner la mort, le seul moyen d'échapper aux tourments de son existence, de trouver enfin la paix.

Je n’arrive pas du tout à rendre compte de ce parcours, bourré d’images et de sensations, toujours à la frontière qui sépare le réel du rêvé, le vrai du faux, le sommeil de l’éveil, la vie de la mort, dans l’interstice entre-deux.

C’est d’une justesse et d’une beauté difficilement soutenable.

 

Tag(s) : #hors catégories (blanche - aventures - etc.)

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