Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

roi-du-matin"Roi du Matin, Reine du Jour" de Ian McDonald

J’avais déjà essayé et abandonné Le Fleuve des Dieux et  Brasyl de cet auteur adulé des foules de ceux qui savent ce qu’est le beau. Le Ian pratique ce que j’appellerais la littérature immersive où, avant de vous expliquer quoi que ce soit, on vous enfonce la tête sous l’eau des vocables inconnus.

Et pourtant j’entreprends ce bouquin-là, paru dix-huit et quinze ans avant les deux cités. L’immersion est moins violente, bien que présente, sans doute parce qu’il s’agit de l’Irlande, de Dublin et sa région. Il explique en fin d’ouvrage qu’une bonne fantasy doit être une trilogie. Dont acte. Il y a bien trois livres dans ce bouquin, qui diffèrent par l’époque et le style.

J’ai été séduit et happé par la première partie, où différents personnages racontent par lettres cette histoire tragi-comique d’une jeune fille qui voit des fées (elle les prend même en photo) alors que son père est persuadé de l’arrivée imminente des extraterrestres. Le vrai-faux contraste  entre le rationaliste et l’imaginative ne manque pas d’humour insidieux.

C’est déjà plus difficile de lire la deuxième partie, le style change complètement. Si le personnage principal – la fille de la précédente – ne manque pas d’intérêt, les divagations des autres intervenants à propos de tout et n’importe quoi m’ont semblé pénibles. McDonald est un homme cultivé et vous le fait savoir. Et pas par petites touches discrètes.

Ce que je considère comme des défauts s’amplifient encore dans le troisième livre qui raconte les aventures de la petite fille de la précédente – dont elle a hérité le don de voir cet autre monde –. toujours à Dublin mais de nos jours (enfin, en 1990). On commence à avoir un peu de mal à suivre les délires des uns et des autres, avec des mots inventés comme « phages » qui ne signifie pas du tout virus comme on pourrait croire. Il y a des phrases de deux pages de long à la Proust et des énumérations à la Prévert qui durent longtemps. Je soupçonne là une velléité d’humour qui n’est pas le mien. La fin de l’histoire est particulièrement décevante où surgit le vieux poncif qu’on n’attendait pas (et que donc je ne vous dirai pas). Il y a même dedans une 2CV « qui négocie des virages sur moins de quatre roues ». On est bien dans la fantasy, ou Ian a négligé une partie de sa doc.

Bref, c’est beaucoup beaucoup trop long à mon mauvais goût. Alors que j’étais enthousiaste à la fin du premier livre – ce qui explique que j’ai été au bout – les suites m’ont déçu et parfois énervé dans le délire verbal sans limite. Les aventures et paysages du monde des mythes m’ont semblé particulièrement abscons et très loin de la poésie grandiose d’un Zelazny, par exemple.

P.S. : Moi qui croyais pouvoir changer d’avis sur l’auteur, c’est raté. Inutile de vous dire que la SFFF lui a décerné plein de prix.

 

Tag(s) : #science-fiction- Planète SF

Partager cet article

Repost 0