Partager l'article ! D & D n°376 - L’humour est chose du monde bien mal partagée.: "Moi, Lucifer" de Glen Duncan Je rappelle aux habitué ...
Je rappelle aux habitués et aux nouveaux que je ne suis pas un critique littéraire, mais un simple lecteur qui raconte ses impressions quand il parcourt des pages imprimées. Je redis également que j’ai passé la demi douzaine de dizaines d’années et que j’ai beaucoup de mal à m’adapter, malgré mes efforts, à la littérature qui va avec le monde d’aujourd’hui.
Tout ça pour m’excuser – c’est vrai que j’abuse avec les abandons en cours de route – d’avoir arrêté à la page 126 (même pas à la moitié) ce bouquin tout beau tout rouge.
La première raison de cet abandon est évidente : ce que raconte ce Glen ne m’intéresse pas, ne m’amuse pas, ne me touche pas.
La seconde est dans la manière : je déteste les auteurs qui interpellent leurs lecteurs et Duncan ne le fait pas à l’occasion mais en permanence, tout au long de cette logorrhée inextinguible pleine de digressions où, sous prétexte de raconter son histoire et ses pensées, il nous fait le lire écrire (comme d’autres insupportables s’écoutent parler).
La troisième est dans l’humour. Ce roman est censé être comique, Lucifer le Diable, coincé pendant un mois dans le corps d’un écrivain médiocre et moche, raconte son parcours d’ange déchu en essayant de faire rire en même temps qu’il plonge le pauvre raté dans la débauche extrême de la drogue et de la pornographie. Je n’ai pas souri une fois.
Enfin, vous allez rire – pas comme moi, chance sur vous - la quatrième est dans la morale ou l’éthique. Vous me connaissez assez (zoupa mais c’n’est pas grave) pour savoir que je ne suis pas vraiment bégueule ni grenouille de bénitier, que je n’ai rien contre les ouvroirs de conscience ni les orgasmes. Mais là tout est sale et malsain, extrême et abusif. Le diable n’aime rien tant que la sodomie, tout en étant discrètement homophobe, et n’a rien contre la pédophilie, à la façon des vilain curés cathos, sur les gamins de six ans. Comme il se retrouve impuissant – vachement crédible pour Lucifer même incarné – il retrouve sa virilité avec une mémère ménopausée depuis lurette. Et, comme on n’en est pas à une contradiction près, cela ne l’empêche pas de donner des leçons sur le comportement des anges et des hommes.
J’imagine que c’est moderne et drôle - le bouquin a été un best seller chez les Brittons - mais j’ai honnêtement essayé de comprendre en quoi et n’y suis pas parvenu. Ce doit être du second degré, un humour qui m’est étranger.
La superbe photo de barque est due à Hélène Collon
Ce blog a été créé en septembre 2009. De mars 2006 à septembre 2009, Henri Bademoude proposait ses Délices & Daubes sur la Yozone.
Hervé, son pote de toujours, a créé un groupe Facebook des lecteurs.
Derniers Commentaires