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"La Nuit la plus longue" de James Lee Burke

 

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Oui oui, souvent déjà je vous ai entretenu de ce romancier qui fait partie de mes favoris. J’attendais aussi depuis 2007 la traduction de son roman sur la Louisiane après Katrina.

Eh ben je suis déçu. Je m’attendais à mieux, à me trouver immergé comme d’habitude dans ces ambiances si particulières. Peut-être n’étais-je pas disponible ? Pourtant en vacances et avec l’envie de le lire. Mais la magie n’a pas fonctionné cette fois, pas entièrement. Tous les  côtés un peu pénibles de Dave Robicheux - son catholicisme pratiquant, le fait qu’il soit aux Alcooliques Anonymes, qu’il empêche son pote Clete de fumer - qui passaient bien dans les bouquins précédents m’ont énervé cette fois-ci, moi qui suis fumeur à tendance alcoolique et mécréant anti-religieux.

J’ai trouvé l’intrigue bien faible pour en faire 475 pages et j’ai été surpris des changements dans la vie de Dave : son ami Batist et sa boutique de pêche sur le bayou ont disparu, il a changé de femme et épousé une bonne sœur ( !). J’ai donc dû rater quelques épisodes.

Sinon évidemment qu’il dénonce l’attitude inadmissible de l’administration Bush pendant la catastrophe, la lenteur de la mise en place des secours comme le détournement des aides gouvernementales au profit de toujours les mêmes profiteurs où gangsters et politiciens sont difficiles à distinguer. Bien sûr que Burke dénonce encore et encore le racisme et la violence, mais il les excuse presque en expliquant certains comportements par la misère matérielle, intellectuelle ou sexuelle des délinquants.

Je n’ai pas retrouvé ces moments de grâce où je me retrouvais à côté de Robicheux sur son bateau à pêcher les sacs-à-lait et à manger des sandwichs torpilles sous la pluie chaude. Même le style envoûtant des descriptions ne me semblait plus être là. Que s’est-il passé ? James Lee aurait-il vieilli - comme Dave il dépasse aujourd’hui les soixante-dix balais – et perdu son style ? Et puis j’ai regardé la page de garde : ce n’est pas Freddy Michalski qui a traduit, mais quelqu’un d’autre. L’explication est peut-être là. D’ailleurs, traduire le titre "The Tin Roof Blowdown" par "La Nuit la plus longue" (choix du traducteur ou de l’éditeur) est en soi significatif.

En un mot : dommage !

Tag(s) : #policier-noir

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