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"Treis, altitude zéro" de Norbert Merjagnan


Deux choses en préambule : primo, il faut avoir lu le premier tome, Les Tours de Samarante (mon pote Hervé en avait causé en Yozonie, et treis_altitude_zero_merjagnan.gifme l’avait refilé à l’époque parce qu’il avait aimé) et, secundo, même avec des neurones fatigués par les intempéries de l’existence, d’avoir lu le début il y a trois ans ne vous empêche pas de rentrer dans cette suite.

Parce que c’est d’une immersion dont il est question. Vous plongez dans ce futur, ô combien dépaysant, et vous voilà coincé là-bas pour quelques heures.

La Terre a tellement changé qu’on ne reconnaît plus rien, mais rien. Et pourtant on a vite fait de s’adapter et de plonger dans cet étrange possible. La magie de la science-fiction opère. Certainement grâce à deux choses (encore ?) : l’imagination et le style.

Pour l’imagination, mes estimés (hum, je tousse) confrères n’ont de cesse de parler d’influences, depuis Gibson (que, perso, je trouve limite illisible) à Vance (tant qu’à ratisser large, hein, mais non, c’est la Terre dans le futur, pas une autre planète bien exotique). Désolé, je n’ai pas tout lu – personne ne l’a fait – mais je n’ai jamais lu ça ailleurs. C’est que des trucs de ouf, d’un arbre qui a tous les ADN possibles en mélange dans sa « Sève », au « Bassin » qui est un summum d’intelligence artificielle grâce à, en gros, la mémoire de l’eau, et à des hybrides entre êtres biologiques et ordinateurs, à des êtres fabriqués in vitro, « préfigurés » avec des pouvoirs bien plus mieux que Superman, etc. ça n’arrête pas pour les inventions.

Sur le fond, non je ne vous le raconterai pas. Plus que difficile, c’est impossible à résumer. Sachez juste que si vous êtes entrés dans Les Tours de Samarante, vous allez vous en prendre plein la tronche avec des couches successives de complexité.

Pour le style, on pouvait parfois hoqueter dans le premier tome avec des phrases un peu trop tordues et des trucs sur les caractères d’imprimerie difficiles à digérer. Là, et on comprend pourquoi Norbert a mis trois ans pour accoucher de 314 pages, c’est beau, puissant, évocateur, souvent novateur et poétique. Et cette langue travaillée mais pas pénible (c’est difficile) permet justement cette immersion dans l’ailleurs futur.

Bon, le début est bien inutilement gorique (l’influence de l’époque ou de l’éditeur ?) et la fin remarquablement incompréhensible (braves gens, attendez la suite pour savoir). Ce qui fait, en comptant bien, pas grand-chose comme défauts.

Je pratique rarement le dithyrambe. La dernière fois qu’un bouquin m’avait fait cet effet c’était pour Le Déchronologue. Rien à voir, sauf la jeunesse (tout est relatif et je suis vieux) de l’auteur et l’originalité du propos.

Lisez donc Merjagnan, braves gens, et commencez par Les Tours de Samarante qui vient de ressortir en FolioSF pas cher et ça les vaut bien.

Tag(s) : #science-fiction- Planète SF

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