Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

"Comme des fantômes, histoires sauvées du feu" de Fabrice Colin


Sans parler d’OLNI, ce bouquin est quand même assez étrange. Publié en 2008, ce serait un recueil de nouvelles de Colin mort en 2005. Il doit s’agir d’un autre Fabrice puisque celui du bouquin n’9782070439980FS.gifa pas écrit de romans, surtout pas pour la jeunesse, ni scénarisé de bandes dessinées. J’ai du aller chercher sur wiki sa biblio parce que je ne comprenais pas le truc et pensais qu’il s’agissait de la mort d’un premier Colin novelliste d’anthologies.  Et ben non puisque son premier ro man date de 1999. Je ne comprends toujours pas.  C’n’est  pas grave, ce doit être du second degré, un truc auquel  je suis imperméable. Bref, une bizarre mise en scène pour une mise en abîme (ou en abyme, comme vous voulez), un peu complaisante mais pas trop, qui me passe par-dessus la compréhension.  Intéressons-nous  donc  aux textes.

Naufrage mode d’emploi est une sorte de pochade, l’auteur et son agent intransigeant  ne s’entendent pas mais la fantasy et les pommes de terre d’Irlande finissent par se rejoindre. Rigolo.

Amarstapi  est un beau texte sur la fin d’Alice (celle de Lewis Caroll) à 130 ans, le premier sur la mort. Une autre fois, Damon est plus compliqué  et construit où la mort est aussi là, avec Peter Pan.

Je n’ai pas pu terminer Intervention forcée, un truc sur Jules Verne qui ne m’intéresse pas.

Retour aux affaires est encore un texte sur la mort, avec des fantômes, et une histoire d’amour. Alerte, dynamique mais pas triste malgré les passages entre vivants et fantômes.

Chez les vivants est un superbe  texte, formidable de justesse pour qui est passé par ce genre d’épreuve.

Suivent deux textes sur des auteurs de moi inconnus (Kenneth Grahame et Arthur Rackham).  Je zappe.  

Leçon de nuit est un court texte assez formidable.  On dirait du Murakami pour l’ambiance. Passer la rivière sans toi est une histoire de fantasy urbaine pleine de sensibilité et réussie où la mort rode.

L’homme dont la mort était une forêt est beau et prenant et puis soudain sur la fin, l’auteur rajoute une couche de trop avec l’âme  qui détruit cette bonne impression en alourdissant le truc.

Comme des fantômes mélange encore une fois la vie, le rêve, le cauchemar et la mort avec Lewis Caroll et Virginia Woolf. Bon texte mais trop référencé pour qui n’a pas la même culture.

Un dernier verre, ô dieux de l’aube est de nouveau de la fantasy urbaine avec Dyonisos à San Francisco, les larmes de paix d’une nymphe de pierre, la mort – celle des dieux – et de l’humour alcoolique.

Réinventer Venise est un étalage de culture sans beaucoup d’intérêt et Le coup du lapin une bluette pour les petits nienfants.

Eloge des poissons-gouffre est un exercice de style, une histoire d’Elric de Moorcock avec du SM dedans. Bien écrit (évidemment) mais sans intérêt.

L’interview, puisque bidonnée ou mensongère, n’apporte rien, pas plus que le texte de son pote Calvo.

Bref, on en ressort avec une drôle d’impression, celle d’un écrivain talentueux mais qui n’a pas trouvé sa voie, capable d’écrire sur n’importe quoi et, de temps en temps, produire  des bijoux. Difficile de me faire une opinion après ces textes courts (avec les moins bons sur la fin), un superbe roman, de la fantasy héroïque inspirée et des romans pour la jeunesse alternant le bon et le moins bon. Quant  au scénariste de bédé, je n’ai lu que La Brigade Chimérique, récemment primée au GPI, qui m’a donné l’impression de culture-confiture, comme dans certains textes de ce recueil.

Fabrice Colin a un formidable  talent. Peut-être ne l’utilise-t-il pas assez souvent pour écrire de grands livres ? Mais il faut bien manger, je comprends.


P.S. : Dans cette version folioSF, il arrive que des notes de bas de page repoussent  le texte sur deux lignes tout en haut sur plusieurs pages consécutives. Ça fait drôle.  Je n’ai pas vu l’édition originale des Moutons électriques. Ce petit éditeur n’envoie pas de SP aux bloggeurs. Au passage, je ne suis pas spécialiste en comm’, mais ce souci d’économie bien compréhensible ne devrait pas être argumenté par le mépris dans lequel cet éditeur tient ceux qui n’écrivent pas dans les « grands » sites.

Tag(s) : #fantasy

Partager cet article

Repost 0