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"Rubicon, saison 1" (2010), de Jason Horwitch

 

On arrive quand même encore à innover dans ce secteur de la distraction télévisuelle. Et, dans le cas de Rubicon, c’est la forme plutôt que le fond qui vous scotche à votre fauteuil, ou canapé, ou le truc où vous vous tenez devant votre écran. Merci AMC.

L’histoire est inrrubicon-poster-saison-1-4700984phinv.jpgacontable parce que tout l’intérêt est dans la résolution progressive du puzzle. Sachez que ça commence avec deux morts. Celle de David qui intrigue Miles, un analyste de l’API, qui va mener son enquête et remonter jusqu’au sommet d’une incroyable réalité qui fait la part belle à la théorie du complot. La seconde mort est le suicide d’un homme riche que sa femme Katherine n’arrive pas à comprendre. Elle aussi remontera une piste, celle qui part d’un trèfle à quatre feuilles.

L’API serait un organisme (American Policy Institute) chargé de collecter les renseignements de toutes les agences (FBI, CIA, NSA et les alliés étrangers des USA) et donc qui, quelque part, les chapote. Il y aurait deux sortes d’espions. Les uns, les intelligents, les analystes qui regroupent des données, cherchent les shémas derrière les recoupements et peuvent ainsi prévenir les attentats. Les autres, les agents civils et militaires, n’étant que des exécutants, des bras ou des armes, y compris des drones.

Miles le héros n’en est pas un. C’est un intello qui a perdu femme et fille le 11 septembre et se noie dans le boulot. Son chef à l’API et beau-père David meurt bizarrement dans un accident de train et il le remplace comme chef d’une équipe d’analystes. On voit comment ils traquent des individus louches qui pourraient être de dangereux terroristes. Parallèlement, Miles mène son enquête sur la mort de son beau-père. Très vite il sent qu’il doit être prudent.

Cette série paranoïaque innove surtout au niveau de l’esthétique (images léchées dans les gris et les pastels de New York), dans la mise en scène intimiste en gros plans de visages, dans un rythme très lent et des scènes silencieuses qui vous happent. Enfin, moi, ça m’a happé.

Les acteurs sont formidables, tous, et les personnages fouillés dans le détail de leurs fragilités. Il y a bien de l’amour et de l’émotion, mais sur un mode retenu, subtil, compliqué. Il n’y a pas beaucoup de scènes d’action, un strict nécessaire pour entretenir la tension terrible qui imprime tous les épisodes.

Incidemment le FBI, les militaires et le gouvernement américain en prennent plein la tronche.

Conseil d’Henri : Essayez-la, ça change des séries classiques, ça vole plus haut et plus malin, plus dingue aussi. Et il ne faut rater aucun épisode et tous les regarder dans l’ordre, non mais sans blague, et en VO tant qu’à faire.

Tag(s) : #série télé

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