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"Infernaliana" de Charles Nodier

 

Henri a plein de bouquins dont certains qu’il n’a pas relus depuis quarante ans. En voici un exemple au chainfernaliana.JPGrme désuet.

Dans ces 180 pages sont réunis 34 "anecdotes, petits romans, nouvelles et contes sur les revenants, les spectres, les démons et les vampires".

Ça commence par un avertissement : « De toutes les erreurs populaires, la croyance aux vampires est à coup sûr la plus absurde ; je ne sais même si elle ne l’est pas plus que les contes de revenants ». Voilà un auteur qui annonce la couleur : il ne fait que rapporter des histoires auxquelles il ne croit pas une seconde. C’est frais.

En fait c’est plutôt rigolo et plaisant à lire. Le style a beau être du début XIXe (première édition en 1822) et les mentalités de bigoterie intense parfois plus anciennes encore, c’est d’une étonnante fluidité et d’une extrême facilité de lecture. Avec une fausse naïveté assez troublante qui frise l’ironie.

Hubert Juin l’érudit, dans sa préface, voit en Nodier le successeur de Rousseau et le précurseur de Nerval. Il situe le bonhomme en chantre du romantisme à la française et du monde des rêves que parcourront plus tard Lautréamont et les surréalistes.

Tout ça pour des histoires de fantômes et de broucolaques ? Oui, je fais mon malin et redécouvre avec vous un des ancêtres de la bit-lit qui acquiert du coup, par filiation, des titres de noblesse. D’ailleurs Voltaire aussi traite du sujet, dans ses Contes Philosophiques abondamment cités par Nodier.

C’était le billet annuel de la série "la culture c’est comme la confiture : moins on en a, plus on l’étale". Promis, je ne recommencerai pas de sitôt.

Tag(s) : #fantastique

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