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"Les démons de Paris" de Jean-Philippe Depotte

 

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Bien sûr qu’il n’a pas eu de chance, Depotte, de passer entre mes mains après maître Burke. Au point que je ne vais pas finir son livre et m’arrêter à environ la moitié, page 225 sur 515.

C’est un exercice de style, un roman écrit à l’ancienne, façon grand-papa ou trisaïeul, assez plaisant dans le genre, pour coller à l’époque où ça se passe, le début du XXe siècle.

Vous allez y retrouver tout ce que les gens doivent aimer aujourd’hui (d’où la sortie du livre hors de la collection Lunes d’Encre ?) : de l’historique, oui mais de l’uchronie, du steampunk quoi, une sorte de, où des personnages célèbres (Lénine, Papus et le constructeur du métro parisien au doux prénom Fulgence Bienvenüe) fricotent avec des démons par l’intermédiaire de leurs enfants, dans une histoire façon thriller mais fantastique.

Quand on commence on se dit que ça va être original mais, après 150 pages, on commence à trouver que, pour un thriller, c’est vraiment lent. Soit ce sont des dialogues interminables (faut mettre des dialogues, coco), soit ce sont les réflexions et introspections sans intérêt et très longues du héros, Joseph, un bientôt prêtre mais amoureux et qui parle aux morts.

Bien qu’il y ait clairement des idées nouvelles sur la relation entre le monde des vivants et l’au-delà des décédés et des démons, on reste en permanence à l’extérieur de cette histoire. Impossible de s’y projeter. Le héros est d’une psychologie hautement improbable, comme le reste des personnages. Les théories de Papus et les idées de Lénine sont traitées avec un même faux sérieux ironique (une forme d’humour qui peut lasser), la présidente du Conseil entretient une relation trouble avec le chef de la pègre qui n’est autre qu’un démon qu’elle a invoqué, etc.

On est très loin d’un fantastique par petites touches qui vous décale progressivement de la réalité pour vous emmener carrément ailleurs, comme chez Barker par exemple, puisque d’emblée on vous raconte une histoire parfaitement incroyable et qui est sensée se passer à Paris il y a cent ans.

Bref, je ne suis pas parvenu à m’intéresser à ce délire construit mais lent. Sans doute que d’autres y trouveront leur compte. Il y a au moins une écriture travaillée mais plaisante et une histoire originale, ce qui n’est pas si fréquent chez les nouveaux auteurs français.
Tag(s) : #fantastique

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