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"Les particules élémentaires" et "La possibilité d’une île" de Michel Houellebecq

 

Oui, fidèles et rares lecteurs, je n’alimente pas assez ce blog parce que je lis un truc bien mais très long. J’en suis à 500 sur plus de 900 pages. Incroyable mais vrai. Bientôt je vous en bavasse. En attendant, je recycle, même pas honte. Deux vieux billets pondus en Yozonie que je vous recolle ici pour votre gouverne. Deux bouquins d’un adoré-haï qui le mérite.

J’ai emprunté Les particules élémentaires de Michel Houellebecq, Flammarion, 1998, 394 pages. J’ai arrêté après une centaine de pages. C’est pourtant bien écrit, avec un style qui varie avec les chapitres, courts pour ne pLes_Particules_Elementaires_200p.jpgas trop lasser, au passé ou au présent, certains avec un titre, d’autres non. Et une utilisation experte du point-virgule.

Mais que c’est prétentieux ! Il nous fait part de ses analyses à l’emporte-pièce sur l’évolution de la société occidentale, avec des références aux années 60 et 70, des yéyés aux hippies.. Il nous explique que la biologie moléculaire est un truc pour techniciens sans imagination, pas comme la seule vraie science intelligente, la physique. Ce qui ne l’empêche pas de donner les noms latins de toutes les bestioles qui font se décomposer les cadavres. Et il n’arrête pas de donner des cours de philosophie de bazar ou de sociologie de comptoir.

Quant à la sexualité... Au secours ! Ce type, s’il ressemble même de loin à ses personnages, est carrément malade à ce niveau. L’écriture est une thérapie, comme chacun sait, mais je n’ai pas la vocation d’un psy pour écouter à quel point ce type est dérangé dans sa tête et dans le fonctionnement de son zizi.

C’est d’une glauquerie extraordinaire, sans doute est-ce là l’origine de son succès ?

Je ne connaissais que ses interviews ou ses passages à la télé où il était très fort pour se rendre antipathique et imbuvable. Et bien ce bouquin reflète cette personnalité : la certitude d’avoir raison et d’être plus intelligent et lucide que tout le monde, le mépris pour le reste de l’humanité, l’incapacité à voir et à comprendre la beauté de la vie, et surtout l’absence totale de sensibilité et donc de capacité à aimer. D’où cette sexualité tordue, egocentrique, essentiellement masturbatoire.

La gougle et wiki m’apprennent que ce type sort de l’Agro, une école pour biologistes un peu matheux (d’où sa honte de ne pas être physicien ?) et que, comme ses personnages, il a été élevé par sa grand-mère. La pauvre.

L’autre roman, La possibilité d’une île, de 2005, a frisé le Goncourt et a obtenu le Prix Interallié en compensation. Alors oui c’est de la SF, une sorte de. Dans quelques années, Daniel1, humoriste, rencontre une secte (les Elohimistes, sosies des Raëliens) et va survivre des siècles après sous forme de clones sur une Terre ravagée. Ce sont ces néo-humains, Daniel23, 24 ou 25 qui commentent la vie de Daniel1, isolés de ce qui reste de l’humanité, des sauvages.ile-2.jpg

Houellebecq crache sur tout ce qui bouge, lui compris. Sa vision de la fin du monde (on ne fait plus d’enfants et on se suicide ou on tue les vieux) reflète son profond dégoût de l’humanité. Bizarrement, vu sa misogynie rare, ne subsiste comme réconfort au fait d’exister que l’amour. Ce dernier n’étant que sexuel. Et Daniel ne bande que pour les jeunes salopes au corps ferme.

Je n’ai pas pu aller au bout de ce pavé de 500 pages. Contrairement à d’autres (les vrais critiques littéraires), je trouve que Houellebecq écrit bien. La forme permet d’avancer dans le récit. Mais celui-ci est tellement malsain que je n’ai pas dépassé le milieu du livre. Misogyne surtout et antisémite au sens propre (anti-juif et anti-arabe), l’humour censé être provocateur ne me fait pas rire du tout. L’obsession du sexe chez ce quinqua aux couilles molles qui met de la pommade pour bander toute la nuit ne ressemble à rien de ce que j’ai vécu. Ce qui se passe dans la tête de David et ses raisonnements sont à des années-lumière de ce que je peux éprouver. Quant à ses prétendues intelligence et lucidité, elles restent à démontrer.

La seule chose qu’on peut avancer pour essayer de comprendre c’est que l’auteur-narrateur arrive à un âge ou son corps se dégrade comme son appétit de vivre, et qu’il n’accepte pas de vieillir. Du coup l’humanité toute entière devient hideuse et doit disparaître. Sauf quelques élus comme lui, tellement intelligents qu’ils méritent la vie éternelle, une survie solitaire, sans émotions ni sentiments, sans rire ni larmes, en compagnie d’un chien.

Bon, j'aurai essayé deux fois de lire ce prétentieux à la pensée tordue. Il n'y aura pas de troisième tentative.


Tag(s) : #science-fiction- Planète SF

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