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"Léviathan 99" de Ray Bradbury

Aujourd’hui on débat d’un grand monsieur, un monstre de la littérature SF et genres proches, Ray Bradbury, auteur d’au moins deux chefs d’œuvre du XXe siècle, Fahrenheit 451 et Chroniques Martiennes. Ben là c’est moins bien, autant vous le dire tout de suite.

Lunes d’Encre est une collec’ de référence, même moi j’en conviens, qui assume avec modernité l’héritage de Présence du Futur. Déjà dans PdF j’aimais pas tout, alors là non plus, normal.12392-h350.jpg

Les bouquins sont plus gros, c’est comme ça le lire moderne. Donc là on a un bouquin de 450 pages avec des nouvelles et trois novellas ou presque. Choix étrange qui fait penser à : rassemblons tout l’inédit en français de Bradbury. D’autant que le Ray va sur ses 90 balais et qu’il n’écrira plus grand-chose. C’est dur de vieillir. La preuve.

La première moitié du livre, Le pyjama du chat, est une suite de 21 nouvelles courtes (une dizaine de pages chacune) écrites soit dans les années 50 soit dans les années 2000. On racle les fonds de tiroir et ça se sent. Pas grand-chose ne vous reste de cette lecture de petites histoires très différentes, des fois un peu SF, des fois poético-oniriques, des fois fantastiques, des fois ordinaires blanches. Rien de transcendant ni de marquant. Ce premier ensemble est précédé d’un avant-propos de l’auteur qui essaye d’expliquer comment lui viennent ses idées. Pas formidable d’intérêt non plus.

Ensuite il y a une nouvelle plus longue ou courte novella intitulée La Chrysalide. Tout est dans le titre. Un bonhomme se retrouve en animation suspendue façon cocon. La fin est gentillette et, franchement, ça ne méritait pas une trentaine de pages.

Maintenant et à jamais est l’acmé de ce recueil. Une très belle novella bien écrite, bien construite, bien pensée. Très joli morceau de prose imaginaire qui méritait indubitablement publication aussi dans notre beau pays. Une réussite. Ah je l’ai déjà dit ?

Après vous pouvez lire Léviathan 99, une novella emphatique, boursouflée (parce que théatrale ?) et bourrée de bondieuserie (et de métaphysique). Une revisitation de Moby Dick à l’ére spatiale où la baleine blanche est remplacée par une comète. Soit je n’ai rien compris soit c’est vraiment mauvais. C’est complètement anti-scientifique, ce qui peut amuser mais empêche de suspendre son incrédulité. C’est surtout d’une religiosité chrétienne à toutes les pages qui, personnellement, me prend vite la tête en me portant sur les nerfs.

Ray a vécu, se la pète un peu quand il s’explique mais on ne lui en veut pas puisqu’il est vieux et célèbre. Juste que sur ces 450 pages il n’y en a que 100 qui sont à la hauteur de mes espérances. Mais je suis pénible, je sais.

Soulignons le travail de la traductrice Florence Dolisi, qui n’a pas dû rigoler tous les jours avec cette prose.

Tag(s) : #science-fiction- Planète SF

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