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"Mytale" de Ayerdhal

Oui, mes lecteurs fidèles, cela faisait longtemps que je n’avais pas alimenté ce blog de ma prose hésitante. Non je n’ai pas été touché par la grippe porcine ou par la lassitude. J’avais moins de temps pour lire et je lisais long.

Ce roman d’Ayerdhal est en fait un triple, paru en trois morceaux au temps du Fleuve Noir Anticipation en 1991, et l’histoire est compliquée. Une expédition de la Fédération est envoyée sur la planète Mytale deux mille ans après les premiers colons. Mais le vaisseau est détruit, tout l’équipage exterminé sauf une jeune femme, sauvée in extremis et récupérée par un indigène, un ille, et son skin, un chat télépathe grand comme un tigre.

Audham la survivan38.jpgte a un sale caractère, ce qui la rend sympathique. C’est aussi un personnage courageux, intelligent et qui n’aime pas les contraintes. Mais la planète où elle se trouve est plus que bizarre, elle est mutagène. Pour ne rien arranger, l’évolution sociétale au bout de 2000 ans est une horreur. Après avoir plus ou moins canalisé les mutations, les humains sont maintenant séparés en races ou castes. Tout en haut de la pyramide se trouvent les evres, un petit nombre d’immortels omnipotents, aidés par les mystes aux pouvoirs psioniques (télékinésie, téléportation, télépathie), les braines au physique ingrat mais au cerveau hyper développé, les warshes, des machines de guerre avec carapace de chitine, corne et éperons, et 2m50 de haut, les beeses destinés aux travaux manuels (avec des pinces ou des ciseaux à la place des doigts par exemple) et tout en bas les hiumes, ceux qui ressemblent encore à des humains, avec parmi eux les nones rebelles et les illes. Tous se détestent et se méprisent les uns les autres.

Parce qu’elle est différente, parce qu’elle ne supporte pas l’injustice, parce que c’est une rebelle, Audham va réveiller la conscience de ceux qu’elle va croiser de ces différentes castes, en faire ses amis et entraîner le bouleversement de la planète, initier la révolution.

Mais rien n’est simple dans ce bouquin, chaque caste veut tirer la couverture à soi et ça magouille à tous les étages. Mensonges, trahisons, coups tordus, manipulations (y compris mentales) sont permanents et la belle Audham (et avec elle le lecteur) va avoir bien du mal à démêler les écheveaux complexes de la politique régionale et planétaire.

C’est donc un peu compliqué, comme les noms des gens et leurs titres, on a tendance à s’y perdre un peu et j’ai connu des moments où j’hésitais à poursuivre. Sans doute parce que je ne lisais que par petits bouts. Mais j’ai insisté et grand bien m’en a pris.

J’ai été séduit en particulier par la maîtrise de la langue, impressionnante, qui peut faire passer des imparfaits du subjonctif comme si de rien n’était, qui s’adapte parfaitement à la personnalité de chaque protagoniste quand celui-ci se met à penser ou à dialoguer. Et il y en a des personnages, y compris des félins.

La forme est pour le reste classique, avec les incontournables débuts de chapitre en italiques, déconnectés du récit et retraçant l’histoire et la sociologie de Mytale. Un procédé qui peut énerver mais qui se justifie tout à fait dans ce roman au background élaboré.

Quant à l’aventure, elle est constante et enlevée, ça bouge beaucoup, on voyage et on se bat, on réfléchit aussi et on se laisse aller à l’émotion, aux sentiments (compliqués eux aussi) et à l’amour (oui madame).

Bref, allez faire un tour sur cette drôle de planète. Si vous avez quelques notions de génétique, oubliez-les et laissez vous emporter dans ce long fleuve pas tranquille. La vérité est ailleurs, c’est le cas de le dire.


Tag(s) : #science-fiction- Planète SF

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