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 "Retour sur l’Horizon", première partie, anthologie présentée par Serge Lehman

 

Ô mes lecteurs, d’autant plus aimés que vous êtes rares - un jour d’ennui je vous raconterai le concept rigolo de l’avantage du rare en génétique des populations, les drosophiles séduites par l’originalité, tout un poème -, je m’occupe de vous et, en attendant la suite, je vous propose mon avis non-autorisé sur les 300 premières  pages de ce bouquin qui a fait beaucoup de buzz sur les forums, la blogosphère science-fictive et au-delà dans la galaxie.

Je n’insisterai pas sur la préface de l’anthologiste et sa vision d’une SF mourante se dissolvant dans la litt gén blanche et portant le drapeau de la métaphysique. Trop en a déjà été dit sur cette analyse malgré tout intelligente et érudite.

Ce qui reste denoel-lunesantho2009.jpgdu réel de Fabrice Colin est un hommage à Phillip K.Dick où on rencontre sa tête, un androïde femelle et le narrateur qui se perd dans deux ou trois réalités parallèles qui se télescopent. Un texte bien construit, avec des longueurs dans des descriptions qui ennuient, mais finalement assez réussi quand même.

Le texte suivant est le pire (pour ce que j’en ai lu) du recueil. Tertiaire d’Eric Holstein cumule tous les trucs et tics qui m’énervent. Les  citations de gens connus ou de marques (name-dropping) n’arrêtent pas, aussi nombreuses que les mots anglais et technos, genre je suis de mon temps moderne moi. Tellement de son temps que cette nouvelle sera illisible par obsolescence dans même pas 5 ans. Le fond du truc est d’une banalité à pleurer : tout est conditionné par l’argent. Et la chute c’est : les femmes et les enfants aussi ne sont que des marchandises comme le reste. Merci pour elles et eux. Comme je n’avais rien lu des fictions du rédac-chef adjoint et redouté critique d’ActuSF, je ne pense pas retenter l’expérience.

Après, décevant parce que je m’attendais à mieux de la part d’une de mes préférées en qualité d’écriture, Une fatwa de mousse de tramway, de Catherine Dufour, est un drôle de texte en trois parties, une première sur les particularités de la potasse, une deuxième qui est le corps du texte sur la légèreté de la sécurité dans une centrale nucléaire – bon d’accord -, et une troisième en forme de pirouette pour justifier le titre. Bien sûr que c’est super bien écrit et dialogué, que vous ne sautez pas une ligne, mais l’incohérence de l’ensemble a un air vite fait sur le gaz. Dommage.

Les Fleurs de Troie de Jean-Claude Dunyach est une nouvelle de SF - plus classique SF que ça tu meurs -, bien écrite et construite, un peu longuette, avec de la science électronique que je ne comprends pas dedans, des moments d’action pas faciles à visualiser, une histoire d’amour peu crédible comme trame, du space-op avec gus en scaphandre et extensions articulées dans un astéroïde minier, et, malheureusement, une idée pas très neuve : attention les gens, une intelligence extra-terrestre va prendre le contrôle. Mais correct, hein, juste banal.

Lehman a retenu aussi une plume inconnue, Maheva Stephan-Bugni, avec un texte dont on ne saura jamais pourquoi il est intitulé Pirate, qui écrit sans génie pour nous faire un sous-Kafka mâtiné de 1984 sur un mode léger, elliptique et – ce doit être tendance ? – qui ne finit sur rien. Perso, les nouvelles sans chute je ne vois vraiment pas à quoi ça sert. Passons.

Trois Singes de Laurent Kloetzer est une nouvelle originale, dans son écriture, dans son point de vue (celui du vrai faux traître) et dans son fond. C’est dur mais l’idée est vraiment nouvelle et très bien amenée. Très bon texte.

Quant à Lumière Noire de Thomas Day c’est tout simplement une perle, ou un bijou, ou un délice. Je n’avais rien lu de Day et j’en suis resté sur le derrière. Je ne vous raconte pas mais c’est grandiose. De la post-apo post-singularité, un road movie avec de la métaphysique dedans, des personnages avec qui on aimerait voyager plus longtemps que 80 pages, une vraie vision originale du futur. Rien que pour ce texte le bouquin mérite d’être acheté.

Des langues de vipères disent que c’est de l’auto édition parce que Thomas Day est le pseudo de Gilles Dumay, dir litt de Lunes d’Encre. Dans le cas de figure, moi je dis : vive l’auto édition !

J’en suis à la moitié, donc, mais vous pouvez déjà préparer la monnaie. Cette antho vaut le débours.

Tag(s) : #science-fiction- Planète SF

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