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"Louisiana Breakdown" de Lucius Shepard

 

« Encore ! » me direz-vous et « Oui ! » vous répondrai-je.

Je vous ai déjà causé d’abondance d’un de mes auteurs favoris James Lee Burke et de son détective cajun, et je viens de bavasser d’une Louisiane imaginaire où les vampires ont fait leur coming out avec Charlaine Harris.jl9106-2009.jpg

Et je ne vous ai pas cité celle qui, pense-je, a déclenché la vague bit-litt, Madame-qui-a-mal-tourné-catho Anne Rice et ses vampires de Big Easy.

Je ne vous ai pas parlé non plus du blues, mais ce blog ne parle pas de zique. Peut-être un jour.

Quand on se rend en Louisiane profonde avec Lucius Shepard, dans la tête du guitariste Jack Mustaine, on plonge carrément dans un autre monde. La petite ville de Graal, sur la côte, est en plein bayou. Tout y est magie et croyances, légendes et superstitions, visions et influences des esprits, manipulations à distance et pactes avec l’indicible.

Jack est comme vous et moi, il ne croit pas à ce genre de choses. Mais il tombe dans le piège tendu par la ville et ses habitants : il tombe raide amoureux de Vida (un truc qui ne lui est jamais arrivé alors qu’il a déjà bien roulé sa bosse et fait voyager ses guitares). Cette beauté est aussi l’héroïne, et la victime de sa culture, c’est la Reine du Solstice depuis vingt ans et elle va passer le flambeau. Il y aura une nouvelle jeune fille pour le Bon Homme Gris.

Même si le sorcier Marsh a su l’enfermer dans son emprise, Vida est sûre que le beau guitariste étranger correspond à son sauveur.

Alors on est en pleine littérature fantastique, la vraie, qui n’fait pas semblant. Le type normal va progressivement glisser dans une autre réalité, parce que dans ce lieu c’est celle-là qui est vraie.louisiana-breakdown1.jpg

Ce bouquin est très fort. Le style un peu bizarre alterne les raccourcis et les ellipses et les longues descriptions de cette nature prodigue, trouble et humide. La construction du roman est métronomique, tout se passe en 48 heures.

L’immersion dans la petite ville perdue est immédiate et, grâce à la façon dont les choses sont amenées, vous n’avez plus envie de quitter les pérégrinations de Jack et Vida, sachant pourtant pertinemment qu’il y a peu de chances pour que ça se finisse bien.

En plus – chacun ses marottes - la preuve est encore faite que l’on peut écrire d’excellentes histoires, pleines d’idées et d’images qui vous restent dans la tête, dans un format décent (190 pages), sans emmerder le monde sur des centaines de pages aussi inutiles que creuses (mais tellement plaisantes au nombril).

Et un délice, un ! Enlevez !

 

P.S. : Je ne vous ai pas causé de Lucius. Z’avez qu’à aller wikipédier. Un type libre, un bourlingueur, un bonhomme pas gris dont on aimerait être l’ami.

Tag(s) : #fantastique

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