Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

"Chien de faïence" d’Andrea Camilleri

 

J’ai dû déjà vous entretenir du polar et de ses variations quand j’officiais en Yozonie. Le genre policier s’étant démultiplié, il emprunte aujourd’hui des tas de visages. Ces dernières décennies ont vu surgir le polar historique, après le frère Cadfael d’Ellis Peter au Moyen-Âge, on  enquête maintenant (chez 10/18) dans l’Italie de la Renaissance, l’Egypte des Pharaons, la Chine des mandarins, la Rome de César, le Paris du XIXe, etc.

L’autre tendance, pour sortir des flics et assassins de Paris ou de New York d'hier et d'aujourd'hui, c’est le polar ethnologique. Initié par les aventures dans le bush de Napoléon Bonaparte, le flic hybride de blanc et de noir australien d' Arthur Upfield , il a été remis au goût du jour par les flics navajos de Tony Hillerman ou les policiers utes du Sud de James D. Doss.

Toute cette intro pour vous dire que Camilleri nous raconte les enquêtes d’un commissaire sicilien et c’est encore de l’ethno, enfin je trouve. Le nombre de plats aux noms bizarres que se tape Montalbano le temps d’un enquête, sa façon de parler (bravo le traducteur), son goût pour les siestes et les bains de mer, toute cette ambiance vous dépayse vraiment et vous apprend plein de choses sur la façon de vivre dans cette île entre Italie et Tunisie.

Il y a bien sûr la mafia et ses exactions mais ce n’est pas du tout ce qui préoccupe le commissaire dans ce roman. Il va résoudre une énigme vieille de 50 ans.

On n’est pas dans un thriller haletant, pas du tout. L’auteur et son personnage prennent leur temps, réfléchissent tout en profitant des belles choses de la vie : la bouffe et les femmes.

Tout ça est fort sympathique, délassant, dépaysant, avec un brin d’humour et de distanciation. Je relirai du Camilleri.

 

Remarque : cette horrible couverture n'a résolument rien à voir avec le texte. Bravo.

Tag(s) : #policier-noir

Partager cet article

Repost 0