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"L’Anthologie officielle des Utopiales 2009" publié sous la direction de Jérôme Vincent, avec la collaboration de Charlotte Volper et Eric Holstein.

 

Mon pote Hervé qui, lui, va dans le monde et n’a pas peur de la grippe, m’a ramené cet opuscule de son séjour nantais.

Déjà on ne comprend rien au choix qui a présidé à la fabrication du bouquin puisque ce n’est explicité nulle part. On peut faire l’hypothèse que ce sont les gens d’ActuSF qui l’ont effectué. Les auteurs, sept, étaient censés être présents à la manifestation, mais certains ne se sont pas déplacés (grippe ?).

On commence avec une intro-préface de Ugo Bellagamba : Où sont passés nos mondes meilleurs ? Le monde meilleur c’est le virtuel, celui des jeux vidéo, d’internet et des avatars, l’autre, le vrai, n’est vraiment pas brillant. Et de citer tous les conflits en cours en omettant délibérément la Palestine (pour ne choquer personne ?). Le ton se veut un peu comique et détaché et la conclusion sans surprise : le monde meilleur vous le trouverez dans la culture, dans la littérature en particulier.

Suit Les Perséides de Robert Charles Wilson. Un texte de 1995 (!) sans grand intérêt qui parle d’un type qui admire les étoiles, qui tombe amoureux d’une fille de la génération X (celle d’après le baby boom, une punkette tatouée et piercée quoi) qui aime aussi un autre type. On reparle encore du paradoxe de Fermi et l’interprétation n’a pas grand intérêt. Bof, bof.

La nouvelle de Catherine Dufour, au titre étonnant Un temps chaud et lourd comme une paire de seins, est bien sûr remarquablement écrite. C’est la vie d’une femme flic qui cherche à comprendre pourquoi les femmes tuent les hommes. Il y a beaucoup d’acidité dans l’humour et l’ambiance est désabusée. C’est donc du Dufour d’aujourd’hui : triste.

Ma préférée est cette uchronie individuelle de Walter John Williams, Elvis le Rouge, qui date quand même de 1994 et qui a déjà été publiée en français en 2000. Et si Elvis avait été effectivement un rebelle, un révolutionnaire, un homme de gauche ?

De ma prison par Pierre Bordage rend bien compte des réflexions de son auteur sur sa difficulté à adhérer aux religions malgré sa recherche du pourquoi de notre présence sur Terre. Une sorte de métaphysique personnelle. Pas vraiment gai non plus mais bien écrit.

George et la comète de Stephen Baxter (1991 !) ne risque pas de changer mon opinion sur cet auteur, qui continue à vouloir faire le biologiste et l’écologiste sans en avoir les bases. Sa non-histoire a quand même, semble-t-il et du moins l’espère-je, une velléité comique.

La dernière, Préquelle de Jean-Philippe Jaworski, est une nouvelle à chute. Une histoire d’épée magique dans les steppes avec plein de morts, des femmes objets et tous ces trucs bien machos pourris et bien sanglants comme on les aime dans la fantasy héroïque. Mais pour une fois c’est écrit de telle sorte qu’on n’a pas à relire les phrases. Juste des mots savants que personne ne connaît mais dont tout le monde se fout. Il y a donc du progrès.

Alors qu’est-ce que c’est que cet opuscule ? Des textes récents de 4 auteurs français et des fonds de tiroir de 3 anglo-saxons. Quel est l’objectif de cette juxtaposition de choses disparates ? Pourquoi ces 7 auteurs sur la centaine d’invités ? C’est ça les mondes meilleurs imaginés aujourd’hui (ou il y a 18 ans) ? Je vous laisse répondre et je retourne à ma désolation.

Tag(s) : #science-fiction- Planète SF

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