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"Marouflages" de Sylvie Lainé

 

J’ai bizarrement envie de la jouer sérieux sur ce coup-là. Madame Sylvie Lainé est une de ces plumes rares qui fréquentent ce drôle de microcosme de la SFFFF de pffff et qui le rendent attachant.

Ce troisième recueil paru chez ActuSF est aussi intéressant, surprenant et plaisant que les deux précédents dont mon pote Hervé vous avait entretenu lors de leurs parutions : Le Miroir aux éperluettes et Espaces insécables.

Ce recueil est précédé d'une très intelligente préface par une autre grande dame de la SFFFF, Joëlle Wintrebert, mais je vous conseille de la lire après, en postface.

Le premier texte est le fameux Les Yeux d’Elsa, une longue nouvelle qui a raflé tous les prix (GPI, Rosny et du Lundi). Cette histoire d’amour entre un marin et une dauphine génétiquement améliorée est admirablement racontée, tout en sensibilité sans mièvrerie. Bien sûr que le plus bête des deux n’est pas celui qu’on croit.

Le Prix du billet est une étonnante rencontre entre deux femmes, celle qui veut commencer une nouvelle vie et celle qui, par ennui, va lui permettre de le faire, mais laquelle changera au bout du compte ? Il n’y a pas beaucoup de SF dans cette histoire, à peine un gadget.

La dernière nouvelle, Fidèle à ton pas balancé, est des plus insolites. Deux amis utilisent une nouvelle technologie permettant de « clipper » depuis le regard d’un autre. Le premier  cherche à retrouver celle qui l’a délaissé en imitant la façon qu’elle avait de marcher, le second s’intéresse surtout à son chat. Ce récit dérive comme une errance situationniste vers une fin poétique et absurde.

Outre l’originalité des sujets, Sylvie Lainé raconte ses histoires avec une langue simple et belle, suggestive, sans aucun artifice de style ni affectation de forme.

Et ça fait du bien ! Car la mode semble être aux tordeurs de phrases, en particulier dans la nouvelle génération d’écrivains de fantasy francophone qui, faute d’innover sur le fond, travaille la forme à l’excès. Si le microcosme les adule c’est qu’ils ont raison, non ?

Tag(s) : #science-fiction- Planète SF

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