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"Le Voyage de Haviland Tuf" de George R.R. Martin

 

Un titre ambigu ? C’est pour mieux tromper le chaland, mon zami !

Monsieur Martin aux initiales évocatrices de colère rentrée est assurément un grand professionnel de l’écriture. Loué pour son Trône de Fer unanimement salué – quoique je n’ai jamais pu dépasser la 20e page sur plusieurs milliers –, il m’avait fortement impressionné avec deux excellents planet operas, L’Agonie de la lumière, Hugo 78,  et  Elle qui chevauchait les tempêtes ou Windhaven, co-écrit avec Lisa Tuttle .

Alors George est sans doute un géant mais le titre concerne son héros Haviland Tuf, 2m50, glabre, rondouillard, aimant les champignons et la bière, et particulièrement malin.

Ce placide et honnête commerçant interstellaire se voit contraint, pour gagner quelques crédits, de louer son viel astronef à une bande d’aventuriers sans scrupules qui cherchent à s’approprier un vaisseau. Ce dernier est proprement extraordinaire, immense (30 kilomètres de long) et équipé pour la guerre biologique et écologique. Les clients de Tuf, une fois parvenus à pénétrer dans le vaisseau, s’entretuent et tentent de se débarrasser du placide géant. Mais le bonhomme est rusé et c’est eux qui seront éliminés.

Le voilà maître de cette immense usine à cloner toutes les formes de vie de la galaxie, disponibles dans la banque de cellules, et à les manipuler aussi. Haviland Tuf devient ingénieur écologiste et biogénéticien. Avec ses chats, dont un télépathe – bien pratique quand on discute les contrats-, Tuf va de planète en planète résoudre les problèmes avec son usine volante, son astuce et sa philosophie.

Inutile de vous en dire plus de l’histoire mais c’est vraiment plaisant, drôle et profond aussi. Tuf est exceptionnellement sympathique, il parle toujours avec un vocabulaire recherché et des tournures de phrases  comiques. Il ne supporte pas la foule ni les contacts physiques avec les autres humains. Il leur préfère les animaux, d’ailleurs il est végétarien.

Il ira trois fois sur la planète S’uthlam, à haute technologie et à croissance démographique galopante. Il y rencontrera Ma l’Araignée, une femme de caractère qui lui tiendra (presque) tête.

Même si un grognon constitutif pourrait trouver difficilement crédible qu’un homme seul puisse maîtriser un tel vaisseau et de telles connaissances, et même si les planètes visitées sont finalement assez sommairement décrites, ce roman, bourré d’humour, est un excellent moment de lecture et de délassement intelligent.

Avec une telle puissance et un tel pouvoir, n’y a-t-il pas un risque de se prendre pour un dieu ? Lisez jusqu’au bout pour connaître la réponse.

Encore bravo et encore merci, Monsieur Martin.

Tag(s) : #science-fiction- Planète SF

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