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"Rêves de Greves-de-gloire-wagner.jpgloire" de Roland C. Wagner

C’est ce qu’il est convenu (et en l’occurrence convenable) d’appeler « un roman ambitieux ». Sur le fond c’est vraiment très bon, très très. Sur la forme, par contre, je ne vais pas abonder avec tous les vrais-faux collègues qui, eux, savent ce que c’est qu’un chef d’œuvre. Non, j’ai été gêné.

Je vous raconte : je reçois l’icelui pavé ; je l’ouvre et, après deux cents pages je me demande, au point d’interrompre ma lecture. Oui d’accord je suis vieux, un peu con comme tout le monde, mais quand même. J’aime le rock n’ roll et les musiques qui se sont développées autour. Mais pas au point de me cogner des pages et des pages sur l’utilisation de la pédale wah-wah dans la dernière piste du disque 45 tours d’un groupe inventé, avec des musiciens qui ont existé ou pas.

Contrairement à la SF, le futur des possibles, l’uchronie vous propose un univers parallèle où le faux et le vrai se mélangent. Et si le général de mes deux Gaulle était mort en 1960 ? Alors l’Algérie aurait été différente. Au point de ressembler à une utopie ? Carrément à une Commune, avec majuscule, en hommage à la seule vraie historique de 1871, et qui ne dure pas deux mois à Paris mais des décennies à Alger.

Au-delà du genre, mon souci est avec la forme. En plus des premières deux cents pages pénibles sur les détails de vinyles dont je n’ai personnellement rien à faire, c’est un roman choral, ou polyphonique, ou à narrateurs multiples. Rien de bien nouveau sauf que tout est mélangé les uns derrière les autres, les personnages principaux et les secondaires qui ne font que passer mais, plus difficile à suivre, à des périodes différentes, dans un désordre chronologique pire que dans le fameux Déchronologue. Faut s’accrocher. Je l’ai fait parce que, au fond, c‘est bon.

 Wagner a écrit un grand livre dans lequel il règle ses comptes avec son héritage pied-noir, avec ses rêves d’un monde meilleur, avec les idéologies, avec sa passion de la musique et avec les drogues. Je suis persuadé qu’il emportera l’adhésion de presque tous et qu’il gagnera plein de prix parfaitement mérités au vu de la production hexagonale indigeste et sans invention, mais il m’a un peu fatigué avec sa forme et sur des petits détails dont je lui causerai en direct live si je retourne un jour dans les festivals.  

Avec deux cents pages de moins (toutes celles que j’ai lues en diagonale qui causaient de vraie fausse musique) et au minimum des dates avant l’introduction des différents narrateurs, j’aurais sans doute hurlé au chef d’œuvre. Parce que le fond – ah je l’ai déjà dit ? – est vraiment bon.

Tag(s) : #science-fiction- Planète SF

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