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"Les Vampires de Londres" (Les Étranges Sœurs Wilcox, tome 1) de Fabrice Colin

 

J’ai déjà dit mon incompréhension devant le concept exclusivement mercantile de « littérature jeunesse » et râlé d’abondance sur le fait d’écrire plus niais pour plus bêtes, tout en comprenant la nécessité de se nourrir pour les auteurs professionnels, ce genre se vendant mieux que d’autres. J’ai alors reçu comme il se devait force insultes et mépris des éditeurs et écrivains du genre sur des forums à l’époque. Rien de plus naturel.

Comme je n’ai pas, contrairement à d’autres, l’ambition de faire carrière dans le métier d’écrivain (Ben heureusement, hein, penseront certains vu la pauvreté de ma prose), je continue à dire ce que j’en pense. Tout en assumant mes propos précédents j’en profite ici pour à la fois en rajouter une couche et bémoliser sur le sujet.

Je continue à estimer que ce n’est pas honnête d’écrire plus simple, plus propre, plus moral, plus lisse, sous prétexte que le lectorat n’est pas adulte. Un bon livre, d’aventures par exemple, doit être lu par tout le monde. Je ne vais pas vous citer encore Alexandre Dumas ou Conan Doyle ou Maurice Leblanc ou même Bram Stoker (quoique si finalement) ni vous demander à quel âge vous les avez lus. Et ce n’est pas une scène d’amour ou même de baise qui va choquer les chères têtes blondes qui en voient bien d’autres à la téloche. Donc ce n’est que commercial. Si vous écrivez chiant ou alambiqué il n’y a pas que les jeunes qui ne vous liront pas… moi non plus.

Mais il y a de bons livres dans cette catégorie, parce qu’il y a de bons écrivains qui y publient. Certains maestros comme Colin ou Gaiman peuvent écrire n’importe quoi pour n’importe qui. Et oui, en l’occurrence c’est un compliment, figurez-vous.

Ces sœurs Wilcox se réveillent vampires alors qu’elles ne sont pas encore femmes tout en n’étant plus petites filles (les héroïnes ont l’âge du lectorat, environ). Elles vont, aidées par les "Invisibles" (dont Sherlock Holmes et le bon Dr. Watson) combattre ceux qui contestent l’autorité de la reine Victoria : Jack l’Éventreur, Dracula himself et ses descendants les vilains Drakuls. On pourrait s’agacer de cette manie en uchronie et steampunkitude d’appeler en renfort des personnages connus de tous (il y a aussi Abraham Stoker !) ou encore de faire participer des êtres de féerie du type gobelins, goules, faunes, fées, etc. sans que leur présence ne s’avère essentielle à l’histoire.

Mais on peut aussi et surtout admirer la technique de Colin qui concocte une intrigue aux petits oignons avec moments de bravoure et petits morceaux de réflexion, personnages sympathiques et poursuites échevelées. Plus une énième théorie sur l’origine - biblique cette fois - du vampirisme et - autre originalité - la possibilité d’en guérir.

Comment faire du neuf pour les jeunes avec du vieux et des vieux, en quelque sorte, ce premier tome se révèle un bon petit bouquin plaisant à lire et difficile à lâcher.

Tag(s) : #fantastique

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