Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 06:13

"La dernière enquête du Chevalier Dupin" de Fabrice Bourland.

Après quelque9782264049162.jpgs nouvelles courtes de SF, me voilà définitivement sorti d’une mauvaise période avec cette excellente novella ou roman court. Bourland délaisse ses détectives londoniens déjà mentionnés pour cette fort sympathique reconstitution de Paris au milieu du XIXe siècle.

Le fameux Chevalier Dupin de Poe va mener l’enquête sur la mort de Gérard de Nerval. L’auteur maîtrise son sujet et, dans une langue de l’époque, nous replonge dans une ambiance à la limite de l’enquête policière et du fantastique, rendant un hommage appuyé à deux monstres de la littérature, Poe et Nerval. Et comme je partage son admiration, et qu’il y développe une fort intéressante théorie sur la mort de ces deux génies, je ne vous en dirai pas plus.

Heureux je suis d’avoir retrouvé le plaisir de lire. Merci M’sieur Bourland.


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Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 12:36

"Dans la forêt des astres" de Timothée Rey

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Je suis d’une grande banalité comme lecteur. La preuve : je n’aime pas les recueils de nouvelles. Il m’arrive de faire exception et de dire du bien de certains comme celui de Catherine Dufour ou de  Poppy Z. Brite, par exemple, mais en général j’n’aime pas, comme tous les lecteurs lambdas de supermarchés qui n’achètent pas trop ce type de choses (le pire étant les anthologies avec des auteurs différents).

L’explication m’est apparue flagrante avec ce bouquin : changer d’univers tous les quarts d’heure ou moins est fatiguant. Ce n’est pas comme ça que j’éprouve du plaisir en lisant. Je préfère me laisser embarquer pour un voyage, pas forcément très long mais d’une durée raisonnable.

Timothée Rey est, à l’évidence, un type bourré d’humour, d’imagination et de talent pour écrire de différentes façons. Il invente un maximum de trucs, de bestioles, de plantes et les mots qui les définissent. Chacune de ses nouvelles est sympathique, souvent rigolote, rarement sans intérêt. Pourtant je n’arrive pas à en lire plusieurs à la suite. C’est comme une boîte de bonbons. Un ou deux ça va, plus on n’en a pas envie. Il faut donc lire ce bouquin en même temps qu’un autre, venir y picorer quand on a dix à quinze minutes devant soi pour se changer les idées.

Bref, je pense sincèrement que Timothée devrait faire l’effort de se concentrer sur un de ses innombrables univers et nous concocter une histoire un peu compliquée, avec des personnages et des rebondissements et en faire un roman. Il en a largement les capacités, l’imagination et la qualité d’écriture.

P.S. : Les Moutons Electriques n’est pas un « petit éditeur », disons un « moyen ». Cette bibliothèque voltaïque est d’une esthétique recherchée satisfaisante dans l’ensemble mais ici avec des titres énormes et des zigouigouis parfaitement inutiles dans la numérotation des pages, mais chacun son mauvais goût, hein.

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Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 15:29

"Sherlock", saison 2 (2011), de Steven Moffat et Marc Gatiss.

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C’est bien parce que je me suis donné des règles à suivre que je ponds ce bifton, parce que je ne sais trop quoi penser ni donc vous dire de cette énième réinterprétation de Sherlock Holmes. J’avais hurlé de plaisir et d’enthousiasme l’année dernière pour la saison 1, je n’en ferai pas autant cette année. Moffat et son pote ont décidé de faire revivre le héros qui n’aime plus son chapeau et n’a plus de pipe – bienpensance et socialement correct  obligent -, mais est un autiste asperger (comme beaucoup dans les séries télé, de Bones à Big Bang), c’est-à-dire aujourd’hui synonyme d’intelligence supérieure alliée ou non à l’indifférence aux autres et au mépris de leur QI moyen.

Un Sherlock du XXIe, quoi, aussi balaise en biologie qu’en géologie ou en informatique (s’il y avait en plus la physique quantique et l’astrophysique, on aurait un auteur de SF). Les trois épisodes sont mis en scène comme des films modernes, avec un montage / découpage pénible pour les yeux et les oreilles de ceux qui n’appartiennent pas à la génération « perdue » des quadras-quinquas qui se prennent pour la génération Y. Avec un rythme bizarre où tout va trop vite puis beaucoup trop lentement.

Le téléphone portable est central, comme les divers bidouilles informatiques et les caméras qui enregistrent tout. Faut dire que nos voisins ennemis héréditaires préférés sont en avance sur nous dans le domaine du fichage absolu.

Les enquêtes sont vaguement de très loin adaptées de l’original (mais ma mémoire flanche) et surtout prétextes à des développements psychologiques sur l’absence de sexualité ou l’homosexualité ou la vraie fausse misogynie du Sherlock. J’avoue que ce n’est pas ce qui m’intéresse le plus dans une fiction, mais je dois faire partie d’une minorité.

Quant au dernier épisode, Watson nous explique comment son meilleur ami est mort, alors que bien sûr il ne l’est pas, mais vous attendrez un an et la saison 3 pour savoir comment. Moi ça m’énerve.

Vous voilà prévenus : faites-vous donc votre idée vous-mêmes. Cette série est grave à la mode et vous allez avoir l’air bête si vous ne l’avez pas vue.


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Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 16:18

"Burn Notice", saison 5 (2010-2011), série créée par Matt Nix et Mikkel BondesenBurn-Notice-Wallpaper-burn-notice-6727159-1280-800.jpg

J’ai déjà abondamment bavassé sur cette série sympathique avec de bons acteurs, , et . J’ai donc regardé comme de juste cette cinquième saison. Sans rentrer dans les détails, Michael a retrouvé un emploi dans sa chère CIA, mais a bien failli se faire piéger par un nouveau méchant. Mais ce dernier tient par contre sa compagne. Pour ne pas qu’elle soit accusée du meurtre d’agents, meurtres qu’elle n’a pas commis, Michael doit de nouveau travailler pour ce type qui l’avait cramé.

Toujours, et comme dans les saisons précédentes, lui et son équipe rendent aussi service à des gentils en combattant des méchants.

Mais on tourne en rond. La motivation principale du héros, retravailler comme espion officiel, finit par ne plus être crédible et la solution de son problème, l’élimination du maître chanteur, choque son éthique alors que lui et son ex-terroriste de petite amie n’en sont pas à leur premier coup de feu.

La fin en eau de boudin qui se veut haletante n’arrange pas la sensation générale que l’on est arrivé au bout de l’idée et de l’intérêt d’épisodes répétitifs, malgré l’extrême sympathie dégagée par les acteurs.


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Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 16:03

"The city and the city" de China Miéville

J’ai longtemps hésité avant de dépenser 20 nieuros mais le monde entier était unanime à s’agenouiller devant ce génie du XXIe siècle, coucouverture-25548-mieville-china-the-city-and-the-city.jpgvert de gloire et de prix, et en plus un mec engagé à gauche toute. Pourtant, je n’avais pas pu rentrer dans la Nouvelle Corbuzon du même China, mais je suis influençable.

Alors, tous ceux ou presque qui viennent sur cette barcasse perdue dans le Grand Toutinternet ont déjà lu les élogieuses et argumentées critiques des chroniqueuses et queurs estampillé(e)s, comme des bloggeuses et ggeurs plus ou moins côté(e)s. La quatrième de couv’ va jusqu’à invoquer Chandler, Dick et Kafka, pas moins. Et ben non, mais alors pas du tout, ni même de très loin. Les trois géants cités sont morts et ne pourront que se retourner dans leurs tombes mais moi qui suis encore vivant vous le dis : on parle d’écrivains dont on causera encore le siècle prochain s’il y en a un, alors que Mieville, franchement, ça m’étonnerait.

Une enquête policière se déroule dans une ville double où les gens vivent dans le même espace sans se voir. Non seulement ce n’est pas possible mais surtout ce n’est pas crédible, pas une seconde. On ne parle pas d’univers parallèles, tangentiels ou décalés dans le Temps mais bien du même endroit au même moment. Moi je veux bien me laisser embarquer dans n’importe quel délire mais pas là. Je n’y crois pas, et les personnages non plus, en fait. Ils « évisent », détournent les yeux de leurs voisins, mais se réunissent pour en discuter. Non ? Si, sans déconner !

Sinon, comme demandé dans les ateliers d’écriture, on est dans le « show, don’t tell » : on ne comprend rien pendant des dizaines de pages mais on vit la pauvreté intellectuelle du héros poulet depuis l’intérieur de sa tête qui raisonne bizarre. Et, histoire de dépayser grave, les noms de lieux inventés sont imprononçables, mais pas autant que ceux des innombrables personnages dont on ne risque pas de se rappeler le blaze, sauf à prendre des notes.

Je suis trop vieux, j’ai trop mauvais goût, je ne comprends rien à la littérature moderne, elle m’ennuie, me gonfle et m’inintéresse à un point…que j’arrête de perdre mon temps à la page 84 sur 391.

Multiprimés internationaux comme soliprimés hexagonaux, Bademoude ferait mieux de vous éviter, son année de lecture (payante en plus, pfff) commence bien mal.


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La superbe photo de barque est due à Hélène Collon

Ce blog a été créé en septembre 2009. De mars 2006 à septembre 2009, Henri Bademoude proposait ses Délices & Daubes sur la Yozone.

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