Mardi 17 janvier 2012
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"The city and the city" de China Miéville
J’ai longtemps hésité avant de dépenser 20 nieuros mais le monde entier était unanime à s’agenouiller devant ce génie du XXIe siècle, cou
vert de gloire et de prix, et en plus un mec engagé à gauche toute. Pourtant, je n’avais pas pu rentrer dans la
Nouvelle Corbuzon du même China, mais je suis influençable.
Alors, tous ceux ou presque qui viennent sur cette barcasse perdue dans le Grand Toutinternet ont déjà lu les élogieuses et argumentées critiques des chroniqueuses et queurs estampillé(e)s, comme
des bloggeuses et ggeurs plus ou moins côté(e)s. La quatrième de couv’ va jusqu’à invoquer Chandler, Dick et Kafka, pas moins. Et ben non, mais alors pas du tout, ni
même de très loin. Les trois géants cités sont morts et ne pourront que se retourner dans leurs tombes mais moi qui suis encore vivant vous le dis : on parle d’écrivains dont on causera
encore le siècle prochain s’il y en a un, alors que Mieville, franchement, ça m’étonnerait.
Une enquête policière se déroule dans une ville double où les gens vivent dans le même espace sans se voir. Non seulement ce n’est pas possible mais surtout ce n’est pas crédible, pas une
seconde. On ne parle pas d’univers parallèles, tangentiels ou décalés dans le Temps mais bien du même endroit au même moment. Moi je veux bien me laisser embarquer dans n’importe quel délire mais
pas là. Je n’y crois pas, et les personnages non plus, en fait. Ils « évisent », détournent les yeux de leurs voisins, mais se réunissent pour en discuter. Non ? Si, sans
déconner !
Sinon, comme demandé dans les ateliers d’écriture, on est dans le « show, don’t tell » : on ne comprend rien pendant des dizaines de pages mais on vit la pauvreté intellectuelle du
héros poulet depuis l’intérieur de sa tête qui raisonne bizarre. Et, histoire de dépayser grave, les noms de lieux inventés sont imprononçables, mais pas autant que ceux des innombrables
personnages dont on ne risque pas de se rappeler le blaze, sauf à prendre des notes.
Je suis trop vieux, j’ai trop mauvais goût, je ne comprends rien à la littérature moderne, elle m’ennuie, me gonfle et m’inintéresse à un point…que j’arrête de perdre mon temps à la page 84 sur
391.
Multiprimés internationaux comme soliprimés hexagonaux, Bademoude ferait mieux de vous éviter, son année de lecture (payante en plus, pfff) commence bien mal.
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