Mercredi 30 mai 2012
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"La pierre d
e sang", in Kane L’intégrale I, de Karl Edward Wagner
Il y a trois directeurs de collection qui n’hésitent pas à alimenter en SP le blog paumé qui est le mien, et Pascal Godbillon de Folio SF est parmi eux. J’ai donc reçu
trois forts volumes totalisant plus de 2000 pages : l’intégrale de Kane, originellement parue en Lunes d’Encre. Avouez que ça fait peur. Et ben
détrompez-vous, c’est plutôt pas mal dans son genre.
Grand admirateur du Conan de Howard, Wagner nous raconte les histoires d’un géant roux nommé Kane qui, en plus d’être superbalaise en toutes sortes de
combats, est un intellectuel qui a beaucoup lu et appris depuis ce long temps qu’il traîne sur la planète.
Ce roman commence doucement mais entraîne rapidement le lecteur dans les pas du géant. Il va voir sa maîtresse la vieille sorcière ailée non-humaine qui a une bibliothèque fournie et il en
apprendra plus sur la drôle de bague qu’il a récupérée. Je ne vais pas tout vous raconter, ce serait dommage et surtout ce serait plat. Alors que Karl (merci le traducteur Patrick
Marcel qui aime quand même beaucoup l’adjectif coruscant) a un style tout à fait extravagant, fleuri et excessif sans jamais être ennuyeux. Il nous décrit avec force et conviction les marais
fétides avec des êtres crapauds peu sympathiques, la cité perdue qu’ils protègent, la puissance extraordinaire que celle-ci promet à qui détient la bague, la farouche guerrière (mais qui peut
être tendre), la sorcellerie infâme, les énergies qui viennent du cosmos, les terribles combats avec les spectres des âmes disparues, etc.
L’auteur est habile qui nous fait douter du héros et nous révèle progressivement sa nature et son identité. Reste-t-il de l’humanité dans cette grande carcasse ? Et serait-il encore sensible
à l’amour ?
Bref, ce premier roman est un poil longuet mais on ne s’ennuie pas une seconde. Je ne lirai pas les 2000 pages à la suite mais j’y reviendrai certainement.
P.S.: La couv' est assez bizarre avec l'à-plat de rouge sur la tête. Et merci Monsieur Frazetta, hein.
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Lundi 28 mai 2012
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11:27
"Supernatural", saison 7 (2011-2012), série créée par Eric Kripke
J’ai déjà dit le plaisir et les tranches de rigolade que je prenais en
regardant cette série complètement foutraque. Nos deux frangins revenus de l’Enfer l’un après l’autre n’ont vraiment pas de bol. Leur pote l’ange Castiel a pété un plomb, a pris la grosse tête et
a voulu jouer à son patron, Dieu. Mauvaise idée parce que, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec aucune des théologies existantes, il a, par inadvertance, libéré du
Purgatoire les Léviathans.
Ces nouvelles sortes de choses pensantes prennent l’apparence d’humains mais, quand ils ouvrent la bouche, on voit bien qu’ils n’aiment rien tant que la chair humaine. Ils sont impossibles à
tuer, plus balaises que les anges et les voilà qui conquièrent l’Amérique du Nord (donc le Monde, évidemment).
Sacré problème à résoudre pour nos deux valeureux héros. Surtout que le grand chevelu Sam a toujours Lucifer dans sa tête qui vient lui faire la causette et (je spoile mais qui s’en soucie) leur
vieux mentor Bobby va passer l’arme à gauche et se retrouver fantôme dans une flasque de whisky.
Franchement, pour se fendre la poire sans se prendre la tête, ça le fait.
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Dimanche 27 mai 2012
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08:53
"Le cheval d’espace" d' Alain le Bussy
Quel drôle de livre que celui-là ! Edité à titre posthume - l’auteur étant décédé en 2010 – il a pourtant été achevé en 1999.
Après un traumatisme, le narrateur réapprend à raisonner en jouant aux échecs contre un logiciel. Progressivement, il se met à rêver puis c’est son esprit qui s’échappe, entraîné par un cheval
noir jusque dans la tête de différents personnages. Ces nouvelles identités qu’il acquiert sont celles de puissants d'espèces extraterrestres. Il possède leurs esprits à des moments clés sur ces
différents mondes, influençant l’avenir de ces peuples.
Le lecteur visite ainsi six différentes planètes, chacune avec ses races, sa sociologie, son écologie, toutes différentes entre elles comme elles le sont de la Terre. Sur chacune il vivra les
aventures, les combats et les amours de ces drôles de types ou de bêtes.
Le héros réalise progressivement qu’il est un cavalier noir manipulé par sa Dame dans un jeu d’échecs cosmique. Il tente alors de modifier ses missions pour
faire ce qu’il croit être le Bien. Cette trame générale m’a semblé malgré tout un peu légère, le cavalier noir prenant le parti du camp blanc et allant visiter sa femme sur Terre où il n’est
qu’un légume.
Le twist final, bien que sentimentalement attendrissant, ne m’a pas non plus convaincu mais le style fluide et entraînant m’a fait passer de bons moments sur
ces drôles de planètes.
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Samedi 26 mai 2012
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10:33
"Zen" (2011), série de la BBC1 écrite par Simon Burke, Peter Berry et Michael Dibdin (d’après les romans de ce dernier)
Les Anglois ont toujours été de drôles de voisins, pas toujours faciles à comprendre, et je ne parle pas de leur accent. Mais ils savent faire des séries télé, comme j’ai eu l’occasion de vous le
dire à plusieurs reprises. Celle-là ne compte que trois épisodes mais d’une heure et demie, trois films donc.
La bizarrerie c’est qu’il s’agit des enquêtes d’un flic italien à Rome, du nom étrange d’Aurelio Zen. C’est vénitien, explique-t-il à plusieurs reprises. Les enquêtes sont extrêmement compliquées
et ce flic intègre doit toujours naviguer à vue face aux pressions de sa hiérarchie, du ministère de la Justice et de divers autres ennemis dont ses propres collègues.
Avant chaque fin d’enquête on le croit définitivement brûlé, perdant et quasi mort, mais il s’en sort à son avantage.
Il a un frère détective privé et vit avec sa maman car il est en instance de divorce. Il va développer une relation amoureuse avec la belle secrétaire de son patron, mais en secret car les paris
sont ouverts au commissariat pour savoir qui la mettra dans son lit.
Les réalisateurs ont l’air d’aimer l’Italie, ils nous montrent ses monuments et ses paysages, ses rues et ses piazza et l’actrice est italienne. L’acteur est anglais mais a le
charme et l’élégance transalpines, en plus d’un comportement conforme à son nom.
Trois bons petits films policiers agréables et bien foutus.
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Jeudi 24 mai 2012
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13:43
"Person of Interest", saison 1 (2011-2012), série créée par Jonathan Nolan et produite par J. J. Abrams
Encore une série produite par JJA, avec un des héros de Lost (Michael Emerson), comme Alcatraz quoi, mais vachement mieux, à mon humble.
C’est aussi une "procédurale" avec un problème à résoudre par épisode. Finch, un très riche bonhomme boiteux, a mis au point LA machine qui recoupe toutes les données informatiques et les caméras
de surveillance, conçue à l’origine pour prévoir les attentats terroristes. Mais celle-ci indique aussi les crimes qui vont concerner les gens ordinaires (qui deviennent des personnes d’intérêt).
Il a décidé d’agir pour prévenir ces meurtres. Il engage pour l’aider un ancien des services spéciaux expert en arts martiaux et armes en tout genre. Il y a pas mal d’action et souvent des twists
scénaristiques qu’on ne voit pas venir.
C’est distrayant. La relation entre les deux types très différents est intéressante. Ils sont aidés par deux flics new-yorkais, un ripou repenti et une fliquette intègre.
Le fil rouge, par contre, est assez flou : le james bond est poursuivi par ses anciens collègues de la CIA, des méchants pourraient s’intéresser à la machine et le passé trouble des deux
hommes est vaguement évoqué. Sur la fin, les scénaristes donnent un peu plus de consistance à cette trame, sinon tout le monde aurait lâché, spectateurs comme producteurs…
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